Il nous faut un nouvel autocollant: la frustration est inévitable. Matin, midi et soir, les sources de contrariété abondent. Une autre queue interminable. Des appels de télémarketing. Un objectif qui ne se réalise pas "assez vite ". Des gens qui ne font pas ce qu'ils sont censés faire. Rejet. Déception. Comment faire face? Vous pouvez tourner en bourrique, afficher votre impatience, jouer la victime ou tenter de forcer un résultat - des réactions toutes vouées à l'échec, susceptibles d'aliéner les autres et d'éveiller le pire en eux. Ou alors, vous pouvez transformer la frustration grâce à la patience.
La patience n'est ni passivité ni résignation; c'est un pouvoir. C'est un exercice très puissant, émotionnellement libérateur, qui consiste à attendre, à observer et à savoir quand agir. Dans ce chapitre, je veux ramener la patience à l'ère du XXIe siècle, afin que vous appréciiez sa valeur. La patience s'est valu une mauvaise réputation pour de fausses raisons. Bon nombre de gens estiment que dire "Sois patient" donne une impression déraisonnable, inhibitrice, que c'est un atermoiement injuste de leurs aspirations, un complexe ou un vestige de l'ère victorienne. C'est ainsi que vous pensez? Eh bien, reconsidérez votre position. La patience est, à mes yeux, une forme de compassion, un retour à l'intuition, un moyen de retrouver votre centre affectif en un monde où la frustration est endémique.
Frustrer signifie "obstruer ou rendre inefficace". La frustration est un sentiment d'agitation et d'intolérance qui naît lorsque vos besoins ne sont pas comblés. Elle découle d'une incapacité à retarder la gratification. À nos risques et périls, nous nous sommes trop habitués aux résultats instantanés. Les courriels parcourent la planète en quelques secondes. Les parents appellent leurs enfants par textos pour qu'ils viennent dîner, au lieu de les héler de la terrasse. Un clic de souris vous informe de la météo à Kuala Lumpur ou de la vague à Malibu Beach. En dépit des merveilles apportées par l'ère numérique, cette dernière a aussi engendré une faible tolérance à la contrariété - pas seulement lorsque vous supprimez accidentellement un fichier informatique, mais aussi dans votre manière d'aborder les relations et vous-même. Dépourvu de patience, vous devenez alors votre pire bourreau. Conjoints et amis deviennent des denrées jetables, car vous ne consacrez pas le temps requis pour alimenter l'amour. Grâce à la patience, cependant, vous êtes capable de prendre du recul et de rassembler vos forces au lieu de réagir avec agressivité ou d'abandonner sans plus attendre une personne qui vous contrarie. Vous pouvez investir des instants significatifs dans une relation sans renoncer ou capituler. En vérité, la patience vous offre ce souffle libérateur que vous rêvez de prendre.
La frustration nuit à la liberté émotionnelle... Il est salutaire d'exprimer ses frustrations en vue de les résoudre, mais il faut s'y livrer sans irritation ni hostilité. Dans le cas contraire, vous mettrez les autres sur la défensive. Se complaire dans la frustration conduit à une insatisfaction sans fin qui nous met en conflit avec la destinée. Cette émotion engendre en nous de la tension et anéantit le sens de l'humour. Elle conduit aussi à l'atermoiement; nous reportons pour éviter d'être contrariés. Vaincre la frustration vivifiera votre affectivité; la manière dont vous gérerez les tracas et les stress quotidiens dépendra de vous seulement. Une aptitude que je vous enseignerai.
La déception est une forme de contrariété qui vient de voir ses espoirs anéantis. J'offre une stratégie d'adaptation permettant de retomber rapidement sur ses pieds. Naturellement, personne ne souhaite être déçu. Pourtant, j'aimerais que vous songiez que quelques-unes de vos contrariétés ne sont pas aussi catastrophiques qu'elles semblent l'être. Comme nous le verrons en rétrospective, dans certaines circonstances, mieux vaut ne pas obtenir ce que nous désirons. Par ailleurs, il faut comprendre que la liberté, ce n'est pas forcément voir ses besoins comblés sur-le-champ, une fixation infantile. À mon sens, s'adapter avec patience aux déceptions sans s'effondrer ou laisser un carnage derrière soi est une victoire émotionnelle plus importante que le fait de voir simplement ses désirs exaucés. Pourquoi est-il si opportun de concevoir ainsi la frustration? Parce que tous, nous essuyons parfois des pertes, qu'il s'agisse de mariage, d'emploi ou d'amitié. Notre manière de négocier ces situations, ce que nous apprenons au sujet de cet état émotif indéfinissable - être heureux, même sans réaliser notre désir -, voilà la marque même de la liberté émotionnelle. S'exercer à la patience devant les déceptions vous permettra d'y accéder.
La patience est un état actif, la décision de tenir bon jusqu'à ce que l'intuition dise "à toi de jouer". Il s'agit d'attendre votre tour, de savoir que celui-ci viendra. Après avoir tout fait pour atteindre un objectif, la patience consiste à faire confiance au mouvement, à savoir comment laisser les choses suivre leur cours. Grâce à la patience, vous serez en mesure de retarder la gratification, mais il semblera logique et juste de procéder ainsi. Pourquoi? L'intuition exerce une influence intelligente sur la patience. Elle dicte quand il faut s'en prémunir et précise s'il faut multiplier les efforts ou attendre. À titre de psychiatre, je suis entichée de la patience, car elle est intimement intuitive, elle repose sur la synchronicité parfaite, elle est la clé qui donne naissance aux percées avec les patients. J'obtiens peut-être les intuitions les plus fines ou des révélations psychologiques, mais si je ne les partage pas au moment opportun, elles seront nuisibles ou passeront inaperçues. En ce qui concerne de tels éléments, je m'efforce de faire preuve d'une patience inébranlable; toute erreur entraverait la guérison.
Il est par ailleurs remarquable que les religions du monde considèrent la patience comme la voie menant à la connaissance de Dieu, une incitation à la mettre en pratique pour vous et moi. Là où la frustration se reporte sur des éléments extérieurs, la patience se tourne vers l'intérieur, en quête d'une sagesse plus vaste. Au bout du compte, la patience ne fait pas de vous un paillasson servile, incapable de fixer des limites aux gens. Elle vous permet plutôt de jauger intuitivement la situation afin de déterminer l'action juste à prendre. La patience, un don accordé ou reçu, est plus accessible lorsque vous parvenez à déchiffrer les motifs profonds de l'autre...
Pour apprivoiser la frustration, commencez par évaluer le rôle qu'elle joue dans votre vie et à quel point elle restreint votre capacité de bonheur. Le questionnaire ci-dessous vous révélera où vous en êtes. Vous pourrez ainsi atteindre à la liberté en développant la patience.
Questionnaire sur la frustration: Quel est mon degré de frustration?
Mesurez votre réussite à gérer cette émotion en vous interrogeant:
- Suis-je souvent frustré et irritable?
- Est-ce que je réagis généralement à la frustration en parlant sur un ton brusque ou en blâmant l'autre?
- Est-ce que je recours à la nourriture, aux drogues ou à l'alcool comme automédication contre les déceptions?
- Mes réactions blessent-elles les autres?
- Une fois la contrariété passée, ai-je l'impression d'être incompris
- Au cours d'une dure journée au travail, ai-je tendance à perdre mon calme?
- Confronté au désappointement, ai-je l'impression de n'être pas à la hauteur ou ai-je envie de renoncer?
Une réponse affirmative à cinq, six ou sept de ces questions indique un degré très élevé de frustration. Trois ou quatre réponses affirmatives indiquent un haut degré de frustration. Deux réponses affirmatives signalent un degré modéré. Une seule indique un faible degré. Aucune réponse affirmative suggère que vous gérez cette émotion avec succès.
Même si vos contrariétés battent des records, la patience sera l'antidote. Vous aurez d'abondantes occasions de cultiver cette aptitude précieuse. La vie vous l'enseignera, si vous y consentez. N'oubliez pas, votre patience sera toujours mise à l'épreuve, généralement quand vous serez pressé... Dans ce courant, demeurez conscient de ce que peuvent vous enseigner les petites tribulations au jour le jour. Votre manière de les négocier servira de modèle pour affronter les obstacles importants.
La deuxième transformation vous entraîne à surmonter systématiquement la frustration grâce à la patience. Pour actualiser ce processus, vous analyserez sa biologie, son caractère spirituel, sa puissance énergétique et sa psychologie, et vous en tirerez des stratégies applicables. En quoi cela changera-t-il votre vie? Faire face aux ennuis ou aux gens exaspérants ne perturbera pas votre équanimité. Les déceptions et les rejets ne vous démoliront plus. Vous deviendrez plus tolérant en ce qui a trait à vos défauts et à ceux des autres, plus en mesure d'aimer. Les contrariétés, insignifiantes ou majeures, ne parviendront plus à miner votre joie.
L'anatomie de la frustration, de la déception et de la patience
Afin de reformuler votre perception de la frustration, vous devez considérer cette dernière comme une incitation à cultiver la patience. Puisqu'il est impossible d'échapper à cette émotion, vous aurez de nombreuses occasions de le faire. Pour établir cette intention, tentez d'accueillir les incidents irritants au lieu de les voir uniquement comme des embêtements. Laissez la patience dévoiler sa grâce.
REPROGRAMMER LA BIOLOGIE DE LA FRUSTRATION,
DE LA DÉCEPTION ET DE LA PATIENCE
Notre bien-être et notre intérêt reposent sur la patience. Voici qui vous rendra sensible à ses avantages biologiques. Qu'est-ce qui permet à une personne au régime de se priver d'une séduisante boule de glace? À un consommateur compulsif de résister aux soldes extraordinaires? L'aptitude à retarder la gratification en vue d'atteindre un objectif à long terme. La patience est une victoire du cerveau logique sur le cerveau impulsif, un mécanisme d'adaptation émotionnel doué d'un raisonnement évolutionnaire...
Grâce à une expérience astucieusement simple, les chercheurs de l'Université Princeton ont découvert que le néocortex est la région du cerveau associée à la patience. Ils présentèrent à des étudiants volontaires divers problèmes à résoudre, dont plusieurs où ces étudiants devaient décider s'ils allaient dépenser l'argent maintenant ou l'épargner pour plus tard. Les chercheurs passèrent à l'IRM le cerveau des sujets tandis que ces derniers effectuaient leurs choix. Les résultats furent cohérents: quand les sujets optaient pour des gratifications immédiates, le centre émotionnel du cerveau était activé; choisir la gratification future activait le néocortex. Deux structures anatomiques entièrement différentes étaient à l'œuvre! Ces résultats sont pertinents, car ils démontrent que la patience semble être fonction du raisonnement davantage que de l'émotion. Le cerveau émotionnel se représente peut-être plus difficilement l'avenir, alors que le cerveau logique peut entrevoir les conséquences, se montrer patient et attendre des résultats positifs.
En quoi cela est-il lié à votre liberté émotionnelle? Retarder la gratification est une aptitude maître qui vous permet d'exploiter le cerveau. Il ne s'agit pas de se contrôler à l'excès ou d'étouffer votre spontanéité, mais de développer la patience comme stratégie en vue du succès. Nous savons tous d'expérience que les décisions impulsives prises par notre cerveau émotionnel sont capables de passer outre à la raison, et nous en avons tous fait les frais. L'enseignement qu'il faut en tirer: en ce qui concerne la patience, ne laissez pas les émotions sévir. Synchronisez-vous à votre néocortex, faites appel à la raison. La patience exige un effort. Il faut y conspirer en toute conscience. Sachez-le : devant la frustration, il faut décider d'être patient, un choix qui n'est pas motivé par l'émotion. Je décrirai aussi comment se servir de l'intuition de concert avec cette décision soulignant ce choix avisé (n'oubliez pas, l'intuition constitue de l'information neutre), un exemple d'une collaboration harmonieuse entre l'esprit et la précognition...
Choisir consciemment de retarder la gratification instantanée et de cultiver la patience procure la liberté émotionnelle. Et plus souvent vous effectuerez ce choix lucide, plus vous évoluerez biologiquement. Pourquoi? Parce que vous reprogrammerez les circuits neuronaux en vue d'un fonctionnement plus efficace. À son tour, cet effort accroît la neuroplasticité de votre cerveau - cette capacité prodigieuse de fabriquer de nouveaux neurones et synapses, l'une des plus prodigieuses découvertes en neurosciences. Parallèlement, mobiliser de nouvelles aptitudes affectives permet à votre cerveau de se restructurer au lieu de dépendre oisivement d'un vieux circuit. En conséquence, si vous refusez d'être assujetti au pilote automatique et que vous commencez à modifier la pensée et le comportement frustrés, votre cerveau se reprogrammera et demeurera ainsi plus jeune et plus souple.
Ci-dessous, l'exercice ayant trait à la deuxième transformation procure un stimulant instantané. Il donne une conscience plus précise des bienfaits physiques de la patience par rapport à la frustration, un bonus biologique dont vous profiterez au quotidien.
Mesure émotionnelle active
RELEVER CE DÉFI: S'EXERCER ÀLA PATIENCE EN FAISANT LA QUEUE
Pour contrecarrer la frustration, dénichez une file d'attente interminable qui n'avance pas. Et attendez. À l'épicerie, à la banque, au bureau de poste. Ou si vous devez renouveler votre permis de conduire, osez vous aligner dans la file à n'en plus finir au bureau des permis. Mais voici la différence: au lieu de vous impatienter ou de bousculer, ce qui éprouve votre système à cause de la montée d'hormones de stress, respirez à fond. Dites-vous: "Je vais attendre paisiblement et savourer ce moment de répit." Entre-temps, tentez de sympathiser avec la caissière débordée ou le fonctionnaire. Souriez et offrez quelques paroles gentilles aux autres personnes larguées dans la file. Consacrez ces instants à la rêverie: par exemple, vous prenez des vacances de votre travail ou d'autres obligations. Remarquez alors l'apaisement du stress ressenti, la décontraction de votre corps. Les files d'attente sont d'excellentes mises à l'épreuve pour la patience. En vue de consolider cet atout, je vous conseille d'attendre en ligne le plus souvent possible.
|
La frustration est une relique de l'âge des ténèbres transmise par nos parents. Sur le plan biologique, elle n'a aucun sens, tandis que la patience vous rend plus heureux, plus à l'aise, en meilleure santé. Continuez à la mettre en pratique, mais n'attendez pas que les autres en fassent preuve les premiers. Il faudra être le précurseur qui donne le ton afin d'atténuer l'exaspération. Adressez-vous un petit discours d'encouragement: "Je vais me comporter autrement parce que les vieilles attitudes ne fonctionnent pas." La patience est séduisante et contagieuse. Vous en faites montre, d'autres suivent. Par la suite, la patience se généralise. Cette approche progressive reflète une biologie vivace.
DÉCOUVRIR LA SIGNIFICATION SPIRITUELLE DE LA FRUSTRATION,
DE LA DÉCEPTION ET DE LA PATIENCE
Si vous en avez assez d'être à la merci de l'exaspération, réfléchissez à ce que les grandes religions du monde affirment à propos de la patience. En dépit de désaccords incendiaires sur la nature ou l'identité de Dieu et la manière d'entrer en contact avec lui, toutes ces religions s'accordent à dire que la patience constitue l'essence de la spiritualité et qu'elle est dès lors source d'une grande force. Le judaïsme dit ceci: "Un homme patient vaut mieux qu'un guerrier." Les bodhisattvas du bouddhisme s'entraînent à cette pratique afin d'atteindre l'éveil. Le christianisme et l'islam considèrent qu'elle est une vertu sacrée. La patience vous accorde la foi en vous-même et en votre destinée, une aptitude éclairée à gérer la frustration et les déceptions.
Sous un angle purement matérialiste, le succès consiste à obtenir ce que vous désirez quand vous le voulez. Dans le cas contraire, votre impatience semble légitime. D'un point de vue spirituel, pourtant, le succès consiste à acquérir la patience et à être bien dans votre peau, que vos désirs se réalisent ou pas. Tout repose sur l'attitude juste. Savoir que votre défi spirituel est de transcender la frustration vous permet de recadrer cette dernière et de résoudre la blessure naturelle causée par le fait qu'on vous a laissé tomber ou que vous avez échoué. Cette optique vous procure une compréhension nouvelle. Chose intéressante, la frustration ne se limite pas à vous contrarier. Elle sert à vous aligner sur votre identité plus vaste. C'est là son rôle véritable.
Afin d'éprouver l'authentique pouvoir de la patience, conférez avec votre intuition. Il est facile de dire "sois patient", mais cet état doit sembler viscéralement juste. Autrement, l'affirmation paraît arbitraire, facile ou correspond à ce que vous êtes "censé faire". Vous ferez alors des efforts à contrecœur, sans optimisme sincère. Confronté à la contrariété, attendez-vous à entendre deux voix contraires quant à la réaction à avoir. Ce qui en vous n'est pas lucide estime avoir le droit de rester impatient, mais ce qui est lucide fera appel à l'intuition pour découvrir l'enseignement à tirer. La mesure active qui suit offre des stratégies spirituelles spécifiques pour y parvenir.
Mesure émotionnelle active
ABORDER LES QUATRE CONTRARIÉTÉS COURANTES AVEC PATIENCE
FRUSTRATION COURANTE 1. LES CHOSES NE SE PASSENT PAS "ASSEZ RAPIDEMENT".
Quand un projet auquel vous avez travaillé dur et dans lequel vous avez investi vos espoirs ne se concrétise pas aussi rapidement que vous le souhaiteriez - une doléance universelle -, sachez que votre calendrier et celui de l'Esprit ne coïncident pas forcément. Le synchronisme est chose délicate... Faire confiance au courant - cette intelligence plus vaste que le moi et qui nous emporte au fil de la destinée - signifie régler notre rythme et optimiser ce que nous avons. Voilà qui est plus intéressant que de multiplier les efforts frénétiquement ou de faire pression sur les autres (des moyens dissuasifs qui nous donnent l'allure de désespérés). Si vous persistez à nager à contre-courant dans un océan contraire, vous savez bien que cela ne peut que conduire à l'épuisement. Il en va de même si vous vous opposez au courant de la vie.
Comment l'intuition seconde-t-elle la patience? Elle vous aide à vous accorder au courant. Elle s'ajoute aux considérations logiques et détermine si un objectif est réalisable et à quel rythme. Pour obtenir des révélations sur ces points ou sur d'autres questions ayant trait au courant, plongez-vous d'abord dans un état méditatif où règne le calme, respirez à fond pour vous détendre, puis appliquez les techniques qui suivent.
Posez une question, puis attendez la réponse de l'intuition. On peut conférer avec l'intuition au sujet de n'importe quelle frustration. Supposons que vous vouliez que votre patron précise lès dates de vos vacances. Il promet sans cesse une précision, sans toutefois l'apporter. Répugnant à vous montrer insistant, vous avez toutefois besoin de savoir. Demandez donc intérieurement: "Dois-je le lui rappeler de nouveau? " Puis, laissez la question persister dans votre conscience jusqu'à ce que vous obteniez un "oui" ou un "non" intuitif. Laissez de côté l'agacement, demeurez neutre sur le plan affectif. Notez ce que vous captez. "Oui" donne souvent l'impression d'une accélération, d'une navigation enthousiaste et sans heurt. "Non" donne une sensation d'inertie, d'une fin en queue de poisson, comme si vous bûtiez contre un mur. Voilà votre réponse intuitive. En lui obéissant, vous vous coulez dans le courant.
Malgré tout, l'intuition ne vous révèle pas toujours ce que vous voulez entendre... Si les réponses intuitives ne sont pas celles que vous souhaitez, tendez tout de même l'oreille. Vous consolidez ainsi la patience et la compréhension dans n'importe quelle situation.
Prenez avis d'un rêve. Pour jeter la lumière sur une frustration, sollicitez un rêve conseil. Avant de vous endormir, formulez votre question. Le lendemain matin, consignez votre rêve dans un journal. Notez si vous avez reçu une réponse, puis mettez-la à l'épreuve. Étant donné que les rêves passent outre au mental analytique, ils offrent une version inédite des moyens de surmonter les impasses affectives. Reprenez la procédure chaque soir pendant une semaine jusqu'à ce qu'une percée se produise...
FRUSTRATION COURANTE 2. VOUS N'OBTENEZ PAS CE QUE VOUS VOULEZ.
Pour suivre élégamment le cours de la destinée; vous devez l'admettre: parfois, vous obtenez ce que vous voulez, parfois vous ne l'obtenez pas. Néanmoins, une vérité existe: sur le plan spirituel, vous obtenez toujours ce dont vous avez besoin. Voilà une nouvelle formidable - même si votre petit moi n'en tire pas de grand réconfort. Même si je reste persuadée que cultiver des visions positives sur l'issue de vos aspirations attire de bonnes choses, il est également possible que malgré vos efforts vous échouiez ou, du moins, vous ne réussissiez pas comme vous l'aviez envisagé. Dans ce cas, concevez la situation sous cet angle qui suit.
Les déceptions permettent d'acquérir la patience et la compassion pour soi. Pour faire progresser votre croissance spirituelle, décidez d'aborder les déceptions d'une manière libératrice, sans vous faire de reproches. Consolez-vous plutôt en vous adressant un amour bienveillant : "Je sais que tu es effondré. Tu as fait de ton mieux. Même si ce projet a échoué, tout va bien." Par ailleurs, il sera cathartique d'exprimer vos frustrations auprès d'amis, de la famille ou d'un thérapeute. Cependant, tournez la page sur la défaite. Faites des déceptions une voie menant au pouvoir intérieur...
Les déceptions sont peut-être secrètement porteuses de bénédictions. Grâce à ma pratique médicale, et sur le plan personnel, je comprends la pulsion qui nous pousse à interpréter les déceptions comme des échecs. Je sais aussi qu'il est facile pour nous de confondre désirs et besoins... En revanche, j'ai constaté que certaines déceptions ont au bout du compte apporté quelque chose de positif... Dans un contexte plus vaste, mieux vaut que certains désirs ne se voient pas comblés. Pour capter viscéralement cette vérité, branchez-vous sur la situation par l'intuition. Dans un espace tranquille, paisible, vérifiez si vous n'avez pas l'impression d'avoir été épargné, de ressentir un soulagement mystérieux associé à la déception. Dissociez-vous de vos désirs et connectez-vous à ce qui vous laisse souffler dans le Grand Plan.
FRUSTRATION COURANTE 3. ON VOUS REJETTE
Le sentiment de rejet, de n'être pas accepté ou de se faire larguer peut s'avérer la version la plus douloureuse de l'échec de vos désirs. Les gens craignent le rejet, l'anticipent et l'évitent; ils en font des cauchemars. Le rejet sera motivé par diverses raisons, légitimes ou pas. Certains rejets sont plus graves que d'autres. Ils vont du simple refus, d'une rebuffade, jusqu'à la trahison. Le rejet est terrible, mais il faudra vous en rendre maître pour éviter d'être anéanti. On peut l'aborder sous un angle spirituel (je décrirai plus loin l'angle psychologique). L'avis qui suit s'est avéré efficace dans ma pratique et sur le plan personnel: Considérez le rejet comme la protection de Dieu. Cela s'applique à tout. Si les rejets sont frustrants et démoralisants, il faut tout de même tenter de leur donner un sens dans un contexte plus large...
Comment savoir si cette attitude n'est pas qu'une rationalisation fort utile? En premier lieu, si vous observez patiemment le déroulement des événements, la vie confirmera la raison protectrice du rejet. En second lieu, sondez votre intuition pour découvrir la réalité de cette confirmation. Comme pour les autres déceptions, lors de moments de silence, tentez de pressentir si vous n'avez pas évité le pire, ce qui fut le cas pour moi. Néanmoins, si votre intuition vous incite à foncer, ne laissez pas le rejet vous dissuader. Recadrez les obstacles sous un jour positif... Je l'affirme: il faut cafouiller. Il faut examiner d'autres possibilités. Si une chose est destinée à se produire, quand une porte se ferme, une autre s'entrouvre.
FRUSTRATION COURANTE 4. D'AUTRES VOUS DÉÇOIVENT.
Tôt ou tard, même au sein des couples les plus tendres, vous serez déçu - et vous décevrez. C'est inhérent à toute forme d'intimité. Des patients viennent me voir animés de l'attente tordue selon laquelle, au sein d'une relation amoureuse saine, notamment s'il s'agit de l'"âme sœur", la déception est impossible. Faux. Il y aura toujours des déceptions; les aborder avec lucidité, voilà ce qui compte. Même si certaines personnes ne se remettent jamais du choc de la déception, la liberté émotionnelle consiste à se rétablir en étant doué de plus de force qu'auparavant. Comment? D'un point de vue spirituel, tentez d'exercer la tolérance, la patience et le pardon. N'oubliez pas: personne n'est parfait, pas même vous.
Mesurez la gravité de chaque déception. Dans de rares circonstances, la trahison est si grave (par exemple, votre mari couche avec votre meilleure amie) que vous choisirez le divorce, puis vous vous consacrerez patiemment à la guérison. Tentez toutefois d'assumer les déceptions moins sérieuses. Si un membre de votre famille a l'habitude d'annuler les plans à la dernière minute, abordez le problème. Discutez-en pour que son comportement change. Parfois, cependant, si le changement s'avère impossible, aimer voudra dire accepter les limites de la personne... Naturellement, vous en serez blessé, mais être tolérant de ces défauts représentera un accomplissement spirituel sublime. Qu'est-ce que cela implique plus spécifiquement? Vous n'appréciez peut-être pas un certain aspect chez une personne, mais vous êtes capable de l'accepter et de ne pas perdre une relation qui mérite d'être préservée. Souvent, comme nous tous, les gens font simplement de leur mieux et ne méritent pas qu'on les laisse choir ou qu'on leur ferme notre cœur. Que gagnez-vous à filer comme une flèche chaque fois que quelqu'un vous déçoit? Sans une réserve de patience, l'amour peut se transformer en haine lorsqu'on ne comble pas vos désirs. Évitez ce sort sinistre, soyez patient lorsque vous ou l'autre n'êtes pas à la hauteur.
|
Refusez de laisser les frustrations interférer avec votre capacité d'aimer. Vous voulez toucher Dieu? Allez-y! Soyez la personne douée du cœur le plus immense et le plus patient à des kilomètres. Par ailleurs, ne renoncez pas trop rapidement à l'autre. Et surtout, ne renoncez jamais à vous-même. Mon maître spirituel le dit: "La qualité la plus importante sur la voie spirituelle, c'est l'endurance."... En l'absence de patience, impossible d'endurer quoi que ce soit. La patience vous fortifie contre les revers; elle est impérativement nécessaire, car la liberté émotionnelle exige du temps et de la persévérance. Soutenons-nous mutuellement pour devenir aussi patients que les pêcheurs, dans un effort assidu et transformateur.
ÉPROUVER LE POUVOIR ÉNERGÉTIQUE DE LA FRUSTRATION, DE LA DÉCEPTION ET DE LA PATIENCE
L'impatience et la frustration sont davantage que des attitudes; elles diffusent également des énergies subtiles qu'assimilera votre corps. Elles créent une aura de dédain qui va à l'encontre du bien-être. Réfléchissez à quel point l'impatience est désagréable, pour vous rappeler d'incarner des sentiments plus nobles. Dans le but de discerner les différences énergétiques entre la frustration et la patience, observez les qualités communes ci-dessous.
L'énergie de la frustration laisse une impression:
- de tension, d'irritabilité, comme si vous ne parveniez à rien,
- d'exaspération ou presque,
- d'austérité, d'agitation, d'épuisement,
- d'être dans une bulle de déception,
- de captivité dans votre tête, d'être coupé de l'intuition.
L'énergie de la patience laisse une impression:
- de respect, d'appréciation, de générosité - elle exprime à l'autre que "nous avons tout le temps",
- d'une expiration profonde et lente,
- d'une douceur englobante,
- d'être intuitivement et spirituellement centré.
Pour éprouver, sur le plan énergétique, les émotions de la deuxième transformation, tentez cet exercice devant les contrariétés du quotidien. Donnez d'abord libre cours à la frustration. Par exemple, si un vendeur vous ignore, ne tentez même pas d'être patient. Laissez votre fureur exploser. Soyez despotique. Roulez des yeux. Soupirez. Grognez. Réprimandez le vendeur: "Je suis pressé. Vous me faites attendre! " Puis observez les effets. Quelles sont les sensations physiques de la frustration? Quelles sont les réactions de l'autre personne? De quelle nature sont les vibrations entre vous? Enregistrez tous ces éléments pour vous en souvenir. Par la suite, dans une autre situation contrariante, agissez de manière contraire: montrez-vous patient. Si, par exemple, le mécanicien affirme que votre voiture doit rester en réparation pendant une semaine, n'explosez pas. Remerciez-le pour l'attention qu'il porte à votre voiture, mais mentionnez-lui que si cette dernière était prête plus tôt, cela représenterait beaucoup pour vous. Faites-en un allié au lieu de vous le mettre à dos par votre irritation. Rayonnez de toute la patience dont vous êtes capable. Comparez ensuite les sensations de cette énergie à celles de la frustration, et ce, dans votre corps, dans vos rapports avec l'autre et dans les résultats.
La patience est un secret de beauté
Parmi toutes les raisons formidables qui motivent à être patient, la vanité sera particulièrement stimulante. En effet, j'ai constaté que la frustration et l'impatience chroniques se sont inscrites de manière indélébile sur les traits de mes patients et les vieillissent impitoyablement. Leur visage prend une expression revêche - pincée, tendue, sillonnée de rides à force de froncer les sourcils. Leur langage corporel est brutal et agressif, et très peu flatteur, tout comme leur énergie. La prochaine fois que vous serez en présence d'une personne impatiente, voyez par vous-même si cette irascibilité est attirante. Souhaitez-vous ressembler à cela? Pas moi. Maintenant, voici un véritable secret de beauté: la patience vous donne une apparence et une énergie rayonnantes, douces, d'un abord facile. Pourquoi? Parce qu'elle vous fait passer du bouillonnement exaspéré dans votre plexus solaire - le centre énergétique de l'émotion - à l'énergie séduisante du cœur. Plus vous êtes patient, plus vous devenez désirable. La patience préserve notre jeunesse et nous épargne l'expression stressée qui vient du fait de multiplier des efforts excessifs constants et d'aller à contre-courant. Elle permet d'être l'ami des gens et de soi-même, d'être charismatique et tendre sur le plan énergétique.
La patience respecte le courant énergétique de la vie; la frustration s'y oppose
La frustration est une émotion qui subvertit le courant. J'ai personnellement constaté qu'elle nous prive d'expériences formidables, notamment dans des situations que nous préférerions éviter...
J'aimerais offrir quelques méthodes pratiques pour transformer l'énergie de la frustration. Elles sont notamment utiles si vous êtes bloqué là où vous ne souhaitez pas être, en présence de gens avec qui vous n'avez pas envie de discuter. Vous pouvez rester misérable, à compter les minutes qui s'égrènent - une attitude qui diffuse de la négativité et vous crispe -, mais mieux vaut contourner astucieusement cette émotion.
Mesure émotionnelle active
DOMINER UNE SITUATION FRUSTRANTE
POUR RÉTABLIR LA TONALITÉ ÉNERGÉTIQUE DE VOS INTERACTIONS, FAITES L'ESSAI DE L'UNE OU L'AUTRE DES OPTIONS QUI SUIVENT.
- Faites appel à l'humour. Le rire est un moyen rapide de rompre le maléfice de la frustration et de devenir plus patient malgré l'état des choses. Sur le plan affectif, le rire remonte le moral, atténue les défenses et diffuse des vibrations positives... Servez-vous du rire pour contrer la frustration. Comment? Ne vous contentez pas de serrer les dents. Donnez à la conversation une tournure légère. Interrogez les gens à leur sujet; répondez avec légèreté et humour. Blaguez, riez facilement. Par ailleurs, sondez les environs pour repérer une personne frustrée avec laquelle compatir. Ce sont généralement les individus taciturnes qui ont l'air de ne pas être à leur place, qui se réfugient sur la terrasse ou dans les toilettes. Comme je l'ai constaté, être coincés ensemble dans une soirée assommante peut alimenter une hilarité, donner une tournure humoristique à une situation éprouvante tempère la frustration
Focalisez-vous sur le positif. Modifier votre attitude transforme votre énergie. Toute situation recèle un élément positif, il suffit de le découvrir. C'était peut-être la lumière tamisée dans la pièce, un repas succulent, ou la personne avec qui vous avez établi un lien lors d'une rencontre autrement décevante...
Comme principe de vie, fixez votre attention sur ce qui va bien, non sur ce qui est frustrant ou décevant. Avec la pratique, il est possible d'entraîner votre pensée à cette attitude.
Suivez le courant. Quand la frustration est incontournable, ne luttez pas contre ce qui est. Plus vous résistez au courant, plus vous êtes malheureux. Acceptez que, momentanément, vous êtes censé être là où vous vous trouvez. Détendez-vous et coulez-vous dans ce courant. Pratiquez la patience devant les circonstances et vis-à-vis de vous-même, au lieu d'avoir l'impression d'être un cheval agité dans sa stalle. Par ailleurs, demeurez ouvert aux surprises, aux connexions inattendues. Essayez de ressentir la perfection, même à un tel instant.
|
Cette mesure développe la patience en élevant la barre du comportement et de l'énergie pour ce qui est de gérer la frustration. Les contrariétés prolifèrent telles de véritables armées de fourmis. Vous pensiez qu'elles avaient disparu, et les voilà qui sont partout. Pourtant, peu importe leur nombre, à mesure que l'énergie de cette émotion deviendra moins séduisante - et elle le deviendra! - votre tendance à succomber à l'impatience sera chose du passé.
CARTOGRAPHIER LA PSYCHOLOGIE DE LA FRUSTRATION, DE LA DÉCEPTION ET DE LA PATIENCE
Vous trouverez plus bas quelques règles de base en vue d'interagir avec les individus exaspérants. Grâce à ce modèle de communication, vous resterez centré. Gardez à l'esprit les deux degrés de réaction à la frustration. Le premier consiste à donner libre cours à vos sentiments auprès de personnes encourageantes, normalement pas à l'individu qui en est la cause. Ici, ne vous souciez pas trop d'être politiquement correct. "J'en ai ras le bol de mes beaux-parents tyranniques; ils me rendent dingue", constitue une affirmation cathartique. Il faut la purger de votre système pour arriver à vous orienter vers les solutions. Parfois, l'expression seule suffira. Par ailleurs, si vous devez agir, passez au deuxième degré de réaction; suivez ces règles pour aborder et résoudre le problème.
Gérer les individus exaspérants. Quatre règles pour communiquer avec patience
Quand une personne vous contrarie, prenez toujours une respiration avant de réagir. Déterminez si vous voulez discuter maintenant ou attendre d'être calmé. Si vous êtes susceptible et vexé, mieux vaut attendre d'avoir retrouvé votre ancrage. Vous serez ainsi plus persuasif et moins menaçant. À ce moment, faites appel aux quatre règles qui suivent.
- Règle 1. Tenez-vous-en à un problème spécifique - ne l'aggravez pas et ne lancez pas une attaque personnelle. Par exemple, ne dites pas: "Je suis contrarié quand tu promets de faire une chose, mais que tu ne donnes pas suite." Évitez de recourir aux menaces ou aux insultes. Sur un ton uniforme, exempt de blâme, prenez l'initiative en décrivant les sentiments que provoque en vous le comportement de l'autre, au lieu de détailler ses erreurs.
- Règle 2. Écoutez sans vous tenir sur la défensive, sans réagir ou interrompre. Entendre le point de vue de l'autre est une marque de respect, même si vous n'êtes pas d'accord avec ce qu'il dit. Évitez d'adopter un ton ou un langage corporel qui sont agressifs, de vous tortiller, mal à l'aise, et de juger.
- Règle 3. Pressentez intuitivement les sentiments qui sous-tendent les paroles. Si vous êtes en mesure d'envisager les motifs de la personne, il est plus facile d'être patient. Tentez de sentir si elle est effrayée, anxieuse, si elle lutte contre un aspect d'elle-même qu'elle n'avait jamais affronté. Dans un tel cas, comprenez que c'est peut-être douloureux. Voyez si elle est ouverte au changement.
- Règle 4. Réagissez avec clarté et compassion. Cette attitude tempère l'attitude défensive de l'autre, en sorte qu'il assume plus facilement sa responsabilité comme source de cette contrariété. Au lieu de généraliser, décrivez les choses en fonction de solutions à apporter à un problème spécifique. Formulez vos besoins. Par exemple; "Je souhaiterais vraiment que tu ne cries pas après moi si je te déçois." Si la personne est disposée à fournir un effort, montrez-lui que vous en êtes heureux. Confirmez la justesse de son choix en ajoutant; "Merci de ne pas m'engueuler. J'accorde une grande valeur à ta compréhension." Voyez si le comportement s'améliore. Sinon, vous devrez peut-être réduire vos contacts avec elle ou vos attentes.
Dans toute communication, la patience est une devise émotionnelle précieuse. Parce que vous êtes désormais capable de tolérer les désagréments de la frustration et de ne pas tout gâcher en passant à l'acte, vos rapports avec l'autre passeront à un niveau supérieur. Dans tout échange, définissez toujours ce que vous cherchez. Faire cesser un comportement irritant? Refuser de participer à un schéma sans issue? Ou simplement exprimer vos sentiments sans attendre de changement? Même si la frustration est insoluble, la patience donne le ton juste; elle permet de traiter autrui et vous-même avec respect.
Outre ces règles générales sur la communication, voici quelques indices précis pour aborder avec patience deux situations irritantes souvent rencontrées.
Comment réagir quand quelqu'un commet une erreur
Si quelqu'un commet une erreur dont les retombées, insignifiantes ou lourdes, vous touchent directement, il est naturel que vous vous sentiez frustré, déçu. La plupart des gens ne réagissent pas très bien aux erreurs des autres ou aux leurs. Dans l'ancien paradigme, vous vous mettiez en colère, vous vous blâmiez, humiliiez, punissiez, voire vous évinciez l'autre de votre vie. Le paradigme nouveau de liberté émotionnelle requiert, quant à lui, une approche plus lucide et patiente.
Réfléchissez: Qu'est-ce qu'une erreur? C'est une bévue, une gaffe, une omission involontaire ou une décision mal avisée qui découle de l'ignorance ou de l'inattention. N'oubliez pas: les erreurs ne sont pas délibérées, contrairement aux actes de vindicte. Les pires scénarios: quelqu'un n'a pas investi le temps nécessaire pour bien faire les choses ou a fait preuve d'un jugement déplorable, des cas rarement impardonnables. Le plus souvent, néanmoins, les erreurs entrent dans la catégorie "personne n'est parfait" et méritent au moins une seconde chance...
Discuter d'une erreur est délicat, car les gens seront rapidement sur leurs gardes. Même s'ils ne font pas leur travail correctement ou s'ils sont carrément incompétents, il ne servira à rien d'être contrarié ou de leur adresser des reproches. Vous avez peut-être raison, mais cela ne suffira pas si vous voulez préserver la relation. Les erreurs ne sont pas une autorisation à la négligence répétée, mais elles peuvent inciter à bien faire les choses...
Les erreurs sont inévitables. Vous en commettrez, les autres aussi. Nous sommes humains, après tout. Être libre, c'est vous donner l'espace d'évoluer. Au lieu de punir les gens lorsqu'ils errent, encouragez-les à être meilleurs pour voir s'ils en seront capables. Mettez aussi votre ego de côté et excusez-vous si vous réagissez mal, aussi difficile que cela puisse être. Les amendes honorables attendrissent les gens et les incitent à reconnaître leur part d'erreur. La communication est une courbe d'apprentissage. Ne laissez pas la frustration vous régir. Aidez patiemment l'autre et vous-même au fil des erreurs. Respecter le désir de changement donne lieu à des rapports professionnels et personnels positifs.
Comment survivre au rejet
Le rejet peut venir de plusieurs directions: la famille, le travail, les amis, les amours. Sur le plan le plus fondamental, il s'agit du refus d'une requête, de quelque chose que vous espériez. Une personne suscitait votre intérêt, mais cet intérêt n'était pas réciproque. Un projet est bloqué. On omet d'augmenter votre salaire. Le sentiment de rejet peut être léger, tel un tiraillement de frustration, ou aller jusqu'à la dague au cœur. Même s'il s'accomplit avec égard, il peut vous déchirer. Être libre, c'est survivre aux rejets, majeurs ou mineurs,' sans vous en prendre à vous-même ni les autoriser à vous définir. Le rejet éclaire d'une lumière crue tous vos doutes à votre sujet. Suis-je assez bon? Est-ce qu'on m'apprécie? Est-ce que ma production a de la valeur? Si vos parents vous ont rejeté ou si votre enfance difficile n'a pas développé votre estime personnelle, vous serez hypersensible au rejet. Autant de raisons d'être aimant envers vous-même et d'appliquer ces stratégies pour affronter le rejet.
Changez votre interprétation du rejet. L'interprétation que vous lui donnez modifiera vos émotions. Il existe des milliers d'interprétations des faits; optez pour celle qui s'oriente vers vos forces et vos atouts et qui les confirme. Au lieu de tout de suite songer: "Je ne suis pas à la hauteur, je suis un raté inutile", substituez à cette négativité: "Ce n'était pas une bonne alliance pour la situation, mais je suis heureux d'avoir tenté ma chance; il me fallait du courage." C'est là une évaluation plus juste. Verbalisez la blessure, puis époussetez-vous et réalisez un rêve d'une autre manière.
Pour adoucir le rejet qui laisse un goût amer, faites de votre mieux pour ne pas prendre les opinions de l'autre sur un plan personnel. Votre valeur ne doit pas dépendre d'une approbation extérieure. Ce n'est pas facile à accomplir, mais c'est une chose que nous devons tous nous efforcer de faire. Comprenez que les motifs du rejet sont invariablement subjectifs, qu'ils ne sont pas fondés sur "la vérité" et peuvent être injustifiés. Si vous estimez toutefois que la critique a une certaine validité, tentez d'en tirer un enseignement.
Laissez les amitiés et les amours se développer en douceur. Ainsi, la confiance s'épanouit et vous ne livrez pas votre cœur prématurément. Vous saurez plus clairement si l'autre entretient les mêmes sentiments à votre égard et vous serez alors moins susceptible d'essuyer un rejet.
Tournez-vous vers des amis chaleureux. Ils vous refléteront la personne merveilleuse que vous êtes, si vous êtes anéanti...
Quelles que soient les frustrations qui surviennent, faites appel aux stratégies psychologiques de cette section. Vous avez également pour défi de couper court aux frustrations. Faites ce qui s'impose pour régler le problème, mais ne vous y attardez pas. Les frustrations viennent par jaillissements: quelque chose se produit, vous réagissez. Le secret pour ne pas prolonger la détresse de cette émotion consiste à adopter l'attitude que je recommande dans l'exercice qui suit. Qu'il s'agisse de rejet, de déception ou d'une progression trop lente à votre avis, que cette attitude devienne votre adage pour une joie accrue.
| Mesure émotionnelle active
NE PAS FAIRE DE DIX MINUTES DE CONTRARIÉTÉ UNE JOURNÉE ENTIÈRE DE FRUSTRATION
Quand quelque chose. vous irrite, choisissez de ne pas lui donner l'espace pour proliférer. La vieille attitude consiste à broyer du noir, à laisser une contrariété· infester vos heures de veille, ce qui empoisonnera une journée autrement magnifique: La nouvelle attitude consiste à négocier l'incident de votre mieux, sans toutefois l'autoriser à ruiner les instants merveilleux qui suivront. Par exemple, si, en route vers le travail, vous avez une crevaison et ratez dès lors line réunion importante, sentez votre frustration. Exprimez-la à un ami, mais coupez-y court rapidement en ne restant pas focalisé sur celle-ci. À vous de décider ce que vous ressentirez durant le reste de la journée. Bien sûr, libre à vous de continuer à ressasser cette frustration. Mais à quoi bon? Concentrez-vous plutôt sur là blague amusante d'un collègue ou sur la réunion de l'après-midi qui s'est bien déroulée. Maîtriser une émotion, c'est opter pour le bonheur.
Cet exercice procure l'état psychologique approprié pour adoucir les adversités. Faites de la patience le pilier de votre approche. Avec le temps, vous serez celui qui est patient tandis que les autres se consument d'irritation, un état peu enviable. La douleur psychologique est inflammatoire quand elle n'est pas sous contrôle. Surveiller votre degré de frustration procure l'équanimité permettant d'assumer vos sentiments.
|
La deuxième transformation vous procure une légèreté de l'être hors de la portée des personnes affligées d'une frustration chronique. Je suis extatique quand j'arrive à vivre exempte de pressions, à ne pas tourmenter ni les autres ni moi-même. Je recommande la patience comme moyen d'équilibrer votre rythme et votre philosophie, de vous synchroniser à vos rythmes naturels. La patience demande de ralentir, de sonder la situation en toute conscience et d'apercevoir, au-delà d'un agacement passager, un bienfait personnel plus grand. Dès lors, -les frustrations n'accapareront plus votre attention, la vie ne filera plus confusément. On nous répète qu'il faut aller toujours plus vite pour "accomplir davantage ". C'est là un impératif qui ruine notre bien-être physique et mental. Mais la patience favorise la tempérance et le mieux-être, pas la dépression nerveuse ni la crise cardiaque.
La patience, c'est l'équilibre. Au début de leur travail avec moi, quelques patients éprouvent cette crainte: "Si je cesse de me pousser, je perdrai mon avantage ou ma motivation ", comme s'il n'y avait pas de milieu entre la frénésie et l'apathie. J'affirme que vous êtes capable de déterminer le rythme que vous adoptez, rapide ou lent, dans toute situation. Les tortues avancent petit à petit et laborieusement dans le désert, mais elles atteignent généralement l'âge canonique de cent cinquante ans. Le trajet serait pénible si elles avançaient toutes en se plaignant de leur lenteur! En Extrême-Orient, la tortue est le symbole de la patience, de l'endurance tranquille et d'une vitalité inébranlable, des qualités discrètes qui, si on les incarne, apportent le bonheur, un éclat juvénile et la longévité. On ne peut se précipiter jusqu'à la liberté émotionnelle. En étant patient, vous avez le temps de vivre richement et de voir intégralement.
| Méditation sur la liberté
SAVOURER LA GRÂCE DE LA PATIENCE
Prenez aujourd'hui congé de l'état de frustration contre vous-même ou contre autrui et accordez-vous un moment spécial pour vous immerger dans la patience et la compassion. Si vous êtes frustré ou déçu, évacuez la tension. Tenez-vous-en aux paroles douces. Dites: "J'ai fait de mon mieux. Tout se passera bien." Ne vous faites aucun reproche. Traitez-vous comme un enfant chéri qui apprend le prodige de s'occuper de lui-même.
|