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Conscience de soi / Maîtrise de soi
 

L'ABOLITION DU SOI PAR LE BLÂME ET L'ÉTAT DE VICTIME
par
RAMTHA

Extraits de son livre Le mystère de la naissance et de la mort: le soi redéfini, p. 80-87.
Editions AdA, 2003

 

Vous avez voulu suivre le chemin spirituel dans cette vie. Vous l'avez voulu. Vous êtes ici parce que j'ai rêvé ce moment et je vous ai rêvé, vous tous - même ceux d'entre vous qui ne sont pas ici, ceux qui se trouvent en d'autres lieux - un lieu où nous nous rencontrerions, l'époque de la maturité, après des éons passés à vivre l'expérience humaine. Mais vous deviez aussi être prêts. Il est important que chacun de vous présent ici comprenne cela car c'est la clé permettant de comprendre le reste du week-end, pour comprendre cette école et votre cheminement dans cette école. Toute décision vient de vous. Aussi, la raison ultime expliquant votre présence ici est que j'ai fourni ce que vous appelez le lieu de rencontre. Et vous êtes venus, mais il fallait que vous soyez prêts à venir.

Ce que je veux que vous compreniez, c'est que vous tous ici réunis avez choisi d'évoluer spirituellement durant cette vie-ci. Il est important que vous compreniez cela parce que cela vous donne les moyens de comprendre le sens de cette vie et peut-être le cheminement de cette vie, le fait que la véritable destinée de la vie, de celle-ci en particulier, n'est pas ce que vous accomplissez mais ce que vous devenez. C'est cela qui est important dans cette vie.

Personne ici ne devrait jamais dire qu'il ou elle est ici contre sa volonté car il n'en est pas ainsi. Chacun de vous ici est libre et prend part à ce qu'on appelle la connaissance et ses pratiques par choix personnel. La majorité d'entre vous dans ce groupe, vous avez choisi d'être ici dans cette vie-ci - aussi difficile que cela soit à avaler pour certains - parce que lorsque vous êtes ici et que tout va bien, vous êtes heureux du chemin pris, mais lorsque vous partez et vous retrouvez sur la place publique, ayant de nouveau revêtu votre corps de chair, vous vous trouvez face à un conflit entre la réalité physique existante que vous ne cessez de répéter et la réalité spirituelle qui était véritablement la destinée de votre présence ici. Il y a donc un fossé dans la destinée et dans l'expression de cette destinée dans l'incarnation humaine. Mais cela a toujours été apparent.

Ceci étant donné, je veux que chacun de vous comprenne qu'à un point donné vous avez fait le choix d'être ici et le choix de dédier une vie, une vie humaine, une incarnation humaine, à développer singulièrement votre soi spirituel; c'est la raison pour laquelle vous êtes ici. Si telle n'était pas votre destinée, vous ne seriez pas ici ce soir, ou bien vous ne seriez pas dans cette école, ou bien encore vous seriez une entité grise "entre-les-deux" qui n'est jamais totalement ici chaque fois qu'elle est ici. Elle est ici uniquement à cause de quelqu'un d'autre.

Si nous pouvons voir les choses depuis un état de maturité humaine et spirituelle, et comprendre que ceci est une vérité, la vérité nous fortifie. Si nous ne saisissons pas cela, si nous nous demandons toujours pourquoi nous sommes ici, l'enseignement ne nous fortifie pas.

Nous devons d'abord être fortifiés en reconnaissant qu'il y a un soi divin qui peut être fortifié. Ceci est la raison pour laquelle il est important qu'une entité reconnaisse ses actions comme ses actions; ceci en effet définit toujours le soi et donne toujours au soi plus de force.

Le blâme, ajoutons-le, est une qualité qui n'est pas naturelle à la personne spirituelle car le blâme retire au soi son pouvoir. Lorsque vous blâmez quelqu'un d'autre, vous drainez les puissantes ressources du soi. Ce qui se passe alors, c'est que le soi se trouve dissimulé dans ce qu'on appelle le brouillard du malentendu. Dans cette école, ici, il est important que le soi soit toujours le centre, le coeur, et que le pouvoir soit toujours généré depuis ce coeur, et aussi que le pouvoir issu de ce coeur ne soit à aucun moment donné à qui que ce soit. Le blâme et l'état de victime - ces aspects des caractéristiques humaines - sont les ingrédients qui enlèvent le plus au soi son pouvoir et en dissipe l'existence.

Afin d'accomplir ce cheminement ici, le soi doit être défini; il doit être défini non seulement en tant que soi spirituel mais le soi spirituel doit pouvoir être défini au sein du soi humain. Le définir et le polir ainsi mène à une vie impeccable, à une vie empreinte de son pouvoir naturel.

Si vous avez choisi cette vie pour y faire ce cheminement spirituel, cela vous donne du pouvoir parce que votre destinée se trouve alors placée entre vos mains, précisément là où elle devrait se trouver. Ceci est en accord avec l'idée que vous êtes un Dieu doué de libre arbitre, d'une volonté suffisamment libre pour imaginer l'inimaginable, mais l'inimaginable qui jaillit du coeur du soi accompagné de son pouvoir. Si nous abolissons le soi en blâmant toujours, en nous prenant toujours pour une victime et en vivant dans le passé, nous révoquons l'aspect même du cheminement spirituel. Nous détrônons le Dieu en nous en faveur des événements passés sur lesquels nous faisons porter le blâme pour notre existence pitoyable, misérable et infructueuse. Ceci traduit un soi non défini, l'abandon de son propre pouvoir; ainsi, lorsqu'une telle créature cherche à manifester, il lui manque le dynamisme issu du cœur du soi qui puisse amener la manifestation. S'il n'y a personne sur le trône, l'inimaginable ne peut être imaginé. Combien d'entre vous comprennent? De plus, il n'existe pas de pouvoir pour le faire, pour faire quoi que ce soit.

Lorsque, dès les premiers moments de mon apparition ici, lorsque j'ai dit que vous êtes Dieu, que vous êtes tous Dieu oublié certes - c'est mon rôle de vous aider à vous en souvenir. Ceci est le noyau du cheminement spirituel, et vous avez choisi de faire partie de ce cheminement, de définir Dieu - de définir Dieu et de situer le siège de cette divinité au sein du soi; ainsi, il devient possible de définir le soi. Seulement une fois le soi défini pouvons-nous l'occuper. Seulement une fois le soi occupé devenons-nous totalement imbu du pouvoir de manifester l'inimaginable. Avant cela, rien de tel ne peut se produire, rien. Cette destinée, avant de venir dans cette vie - et nous allons parler du Plan de la Béatitude - était une option que vous tous avez vue, hormis quelques-uns, et étiez prêts à engager. Nous allons comprendre cela plus en profondeur.

Mais où j'en suis actuellement, je veux vous dire qu'à moins de rendre totalement au soi son pouvoir, une vie spirituelle - ce dont vous êtes venus faire l'expérience - ne sera jamais réalisée. Vous ne marcherez jamais comme marche un maître avant d'avoir effacé toutes les empreintes de vos pas dans le passé - combien d'entre vous comprennent ? - car le passé fut la génération de croissance qui signifia essentiellement l'abandon du pouvoir à des éléments d'autorité supérieurs. Il se peut que cette autorité ait été représentée par vos camarades de classe en maternelle, le début de la conscience sociale, ou bien d'abandonner votre pouvoir à vos parents et à la manière dont vous avez été élevé. Alors, si vous voulez, commence à s'écouler le sang d'une vie sans cohérence, d'une vie qui ne paraît pas avoir d'autre but que d'aller de l'avant, s'en sortant à peine. Une telle vie ne comprend pas l'inimaginable, mais seulement ce qui est à la mode et ce qui est facile. Combien d'entre vous comprennent?

La marche spirituelle d'un maître signifie - il va nous falloir pour cela manifester dans votre vie ce qu'on nomme une révélation en sorte que vous soit révélé à chacun de vos niveaux individuels ce que veut réellement dire le passé et le terme que j'utilise pour m'y référer - nous ne pouvons jamais abolir les souvenirs de ce que nous avons été, mais nous pouvons par contre transmuer l'énergie de ce que nous avons été, entité détrônée à la recherche du soi. Et il nous faut enlever de notre réseau neurologique l'énergie qui y est située et utiliser ce pouvoir qu'a ce réseau neurologique de répéter jour après jour après jour ces circonstances de votre passé parce que cela se passe là-haut - le circuit est établi; cela se passe là-haut - si bien que c'est ce circuit établi qui possède le pouvoir et le distribue pour maintenir en place ce qu'a dicté le passé. Ceci est inacceptable pour un étudiant du travail spirituel parce que, premièrement, il n'y a pas de travail spirituel sans pouvoir, et deuxièmement, il n'y a pas de pouvoir sans sens du soi. Si le soi n'a pas été recouvré et redéfini, l'inimaginable n'existe pas, pas plus qu'un homme ou une femme maître de la réalité. Cela ne marche pas; cela n'a jamais marché.

Si l'on comprend cela - et écoutez attentivement - le passé veut dire abolir son état de victime, abolir l'envie, la jalousie, la haine, la méchanceté, abolir ce qu'on appelle les aspects qui sont tellement dégradants pour le soi spirituel, qui le privent littéralement de son pouvoir si magnifique, et maintiennent en vie les démons de votre propre esprit. Se dévêtir de tout cela signifie prendre la responsabilité de ces actes et en rendre le soi responsable. Lorsque l'on fait cela, le blâme n'est plus prisonnier de vos pauvres parents - lesquels sont eux aussi des êtres spirituels - ou prisonnier de votre classe maternelle. Il n'est plus prisonnier de votre besoin que quelqu'un ait besoin de vous.

Lorsque vous dites que vous êtes celui qui avez créé cela - je ne peux pas te dire pourquoi je l'ai créé ou quand l'idée n'est venue de le créer, mais je l'ai fait; sans quoi, cela ne serait jamais arrivé - lorsque vous faites cela, le blâme ne se déverse plus continuellement en direction d'une ou de plusieurs entités existant dans votre vie. La corde est soudain coupée, les chaînes rompues, et le soi commence à être défini.

Les ténèbres de l'âme

Ce moment-là est un moment pénible parce que les êtres humains sont lâches de nature. Ils sont lâches. Pourquoi donc sont-il lâches ? Parce qu'ils craignent la confrontation avec leurs propres choix, et dans la peur, nous nous enfuyons en montrant du doigt quelqu'un d'autre. Montrer du doigt quelqu'un d'autre est notre manière lâche d'excuser les faits. Lorsque nous agissons ainsi, lorsque nous tendons ce doigt de pouvoir, cela signifie que cet esprit de pouvoir a focalisé l'énergie, l'a réfléchie hors de nous-même sur quelqu'un d'autre, et nous sommes de ce fait tombé de notre trône. Prendre responsabilité de sa vie n'est pas, je vous assure, chose aisée, mais c'est la partie spirituelle la plus brave en nous qui le fait, quelque soit la douleur encourue. Et savez-vous ce qu'est cette douleur? Le fils prodigue de l'énergie qui retourne à la demeure du Père.

C'est ce qu'on appelle les ténèbres de l'âme. Toute cette souffrance nous frappe maintenant de plein fouet car c'est l'énergie qui remonte à la source. Mais c'est cette souffrance qui nous purifie, car, une fois que l'énergie traverse la barrière du corps émotionnel - le corps émotionnel est troublé et froissé, le coeur bat vite, le souffle est court et les larmes se mettent à couler - cela signifie que l'énergie est sur le chemin du retour et traverse la barrière du corps émotionnel, provoquant un orage. Et, vous savez, il est bon de vivre dans l'orage. Telle est la nature de l'enfant retournant chez lui. Lorsque l'orage est terminé, l'énergie - purifiée désormais pour avoir traversé le corps émotionnel - a fait un tour complet ; son retour à la maison est un ingrédient nécessaire à la définition du soi, ce que nous sommes.

Personne ne va vous forcer à reconnaître votre responsabilité concernant votre vie. Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais le guerrier véritable est celui qui le fait et le fait très bien - il s'agit de la conquête de soi - et il le fait sachant parfaitement bien que ce qu'il a fait lui revient maintes fois multiplié. Est finalement libéré celui qui le fait.

Tous les êtres qui, sur la Plan de la Béatitude ont choisi la vie spirituelle savent que leur choix ne les mène pas sur un voie facile, que c'est la voie destinée à definir et à polir le soi, et ils ne peuvent même pas imaginer ce que cela va signifier dans leur vie avant de s'y trouver. Et savez-vous que la plupart des gens tournent les talons à ce tournant ? Pourquoi ? Parce que - c'est simple - à moins que le divin que nous sommes ne soit assis sur le trône de ce corps temporel, il ne peut jamais créer le merveilleux à moins d'avoir été divinisé et défini en nous-même. Si cela ne se produit pas, ni l'inimaginable ni ce qu'on appelle le juste ne vous arrivera.

Les réalités du mythe, du rêve et de la légende demeurent à jamais mythe, rêve et légende pour la victime chronique. De ce fait, nous nous émerveillons devant ceux qui semblent s'en sortir et qui manifestent le miraculeux. Nous nous émerveillons devant celui qui a traversé le pont, qui a parcouru le chemin - le chemin qui consiste à redonner au soi le pouvoir - et s'en est sorti vivant. Ceux qui ne peuvent faire face à une telle entreprise, ceux qui sont lâches et s'enfuient, ne recouvreront jamais la lucidité, la clarté, et la capacité leur permettant de se mouvoir en maître car ce n'est qu'une fois le soi défini qu'un maître est né. Un maître ne naît pas d'un soi indifférencié. Avez-vous compris ce que je viens de vous enseigner ? Combien d'entre vous comprennent ? Comprenez-vous ce qu'est le cœur d'où est défini le soi et son pouvoir? Comprenez-vous que le fait d'abandonner ce pouvoir affaiblit ce cœur? Combien d'entre vous comprennent ceci ?

Vous remarquez sans doute que lorsque je fais référence au passé j'y fais toujours référence comme étant le siège de vos obstacles les plus grands, comme si pour moi le passé était fondamentalement terrible. Ce n'est pas le cas, il a eu fondamentalement sa raison d'être.

Eh bien, je veux maintenant que vous compreniez que toutes les belles choses existant dans votre vie - toutes ces choses douces que vous avez faites et qui vous ont été faites - elles ne se seraient jamais produites en dehors d'un moment de définition du soi ; elles demeurent ainsi toujours avec nous parce qu'elles sont le cœur de ce que nous sommes. C'est la raison pour laquelle dans toutes les religions Dieu exhorte toujours son troupeau à être bon, à agir pour le bien et à être des hommes et des femmes de hautes et impeccables valeurs morales ; il y a là en effet une vérité. La vérité réside dans le fait que, lorsque nous élisons d'avoir un tel comportement, nous n'abandonnons pas notre pouvoir mais sommes imbus de ce pouvoir. Combien d'entre vous comprennent ? Et plus l'entité est imbue de ce pouvoir, plus sa réalité devient remarquable; c'est comme cela que cela marche. Vous tous possédez dans votre passé des moments doux et magnifiques. Il n'y a aucune raison de rejeter ces moments parce qu'ils sont une partie intégrale de la définition du soi. Combien d'entre vous comprennent?

Ainsi donc, si ces moments de définition sont les points hauts de votre vie, ce sont aussi les choses les plus simples que vous ayez faites depuis vos premiers moments de mémoire cognitive, ce que les autres vous ont fait, ce que vous avez fait aux autres, au cours de votre vie entière. Ces moments furent imbus de pouvoir. Le véritable soi y trouvait son expression. Mais la plupart du temps, vous vivez dans une société dynamique où le blâme et la lâcheté au service de l'image sont un mode de vie. Et c'est dent contre dent, la hyène choisissant les jeunes comme proie. Sa motivation est le succès, et l'échec, Dieu Tout Puissant, on le redoute. Telles sont alors les éléments de la dynamique d'un passé pesant et douloureux, d'un passé où le pouvoir a été abandonné, où l'état de victime, le blâme et la mise en cause des autres commence souvent aujourd'hui dès l'enfance. Nous voyons donc alors pourquoi il est important de parler du passé en termes d'énergie et en termes d'un abandon de pouvoir et d'un confinement dans un mode de conscience et son réseau neurologique qui vous voit comme l'éternel martyr, l'éternelle victime.

Un maître n'est pas cela, et vous ne trouverez pas non plus un maître qui ressente une quelconque sympathie si vous élisez d'avoir une telle attitude. Pourquoi? Parce que tout maître sait que, dans toute vie, l'action relève d'un choix personnel, que le libre arbitre a déterminé ce choix personnel ; cela, un maître qui est un maître le comprend et le sait sans que ne soient impliquées ni sympathie ni empathie, distinctions très claires dans ce que vous apprenez. La distinction vient du fait que le maître a maintenant fermement situé le soi à sa place divine et dirige maintenant cette divinité depuis ce point au service d'une vie dont le fondement est le placement crucial, contemplatif et méditatif de l'énergie. C'est cela un maître.

Ramtha